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urbAgora collection Dérivations
Dérivations 3
pour le débat urbain
Collectif
21 septembre 2016
Lucien Kroll / Fête populaire / Zinneke Matî l’Ohê / Marseille, la Plaine / Tunnels bruxellois / Nouveaux Liégeois / Notting Hill Séville / Charte d’Athènes / Michael Dans
14 EUR
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ÉDITORIAL

Imprimer une revue, nous disent bon nombre d’amis, quelque peu navrés de nous voir engagés dans une entreprise si épuisante, est un acte anachronique à l’époque de l’Internet. Imprimer une revue d’opinion à plus forte raison -vous verrez comme il est difficile de trouver des lecteurs, de tenir la distance, etc.

Et en effet : le papier est hors de prix, sa manutention est incommode et sa distribution relève d’un fonctionnement ésotérique. Et tout cela occasionne des délais fort longs entre l’écriture et la lecture, quand au public, habitué qu’il est à la presse " gratuite " en ligne et précarisé par quatre décennies de néo-libéralisme, il regarde, il jette un oeil, mais il hésite à sortir quatorze euros d’un numéro, les vingt-cinq d’un abonnement. On le comprend.

Il faudrait pourtant beaucoup pour nous faire renoncer au papier. Après le coup d’arrêt du bon-à-tirer, que l’on prépare pendant des semaines dans ses moindres détails tout en sachant qu’on oubliera inévitablement des coquilles dont on se morfondra parfois pendant des mois, il y a le plaisir d’avoir l’objet en main. Sentir l’odeur des cahiers fraichement sortis de presse, caresser le divin velouté, soupeser les volumes, emplir des monceaux d’enveloppes matelassées, glisser le dernier numéro dans sa bibliothèque, à côté de ses petits frères et en bonne compagnie, pour y revenir, bien installé en savourant un verre de vin, ou peut-être lors d’un prochain trajet en train, à moins que ce soit tout simplement dans l’endroit où chacun de nous se rend seul.

Il y a les libraires ensuite. C’est en grande partie grâce à eux qu’une revue a une chance de trouver son public, au delà de ses cercles amicaux, au-delà des bulles affinitaires dont est fait une grande partie du web. On ne mesurera sans doute leur importance de passeurs de la culture et de la démocratie que s’ils devaient venir à disparaître.

Il y a encore, aussi, surtout, la conviction que le medium n’est pas neutre, qu’il détermine une forme de réception, qu’il conditionne des pratiques de lecture. Et nous continuons à penser que le papier permet, pour le plus grand nombre d’entre nous, une qualité de lecture que nous n’atteignons pas sur écran, associant la concentration et le plaisir. Et cela correspond au rythme dans lequel nous essayons de nous inscrire, associant mémoire et prospective, inscrivant le présent dans le temps long.

Force est de constater que cette matière à laquelle nous tenons limite l’espace disponible, nous oblige à sélectionner, à retirer cinq images hors de cent, à laisser de côté parfois des morceaux de choix, provisoirement on l’espère, pour concocter une livraison qui tienne la route. Plutôt que de laisser le lecteur seul face à l’immensité des textes devenus des données, la revue lui propose un chemin, subjectif, assumé, critiquable.

Ceci dit, ce numéro est sans doute le plus large en, terme de participation, tant au niveau des articles proposés que des auteurs et photographes invités. Cette dynamique galvanisante nous permet d’avancer et de proposer des événements connexes. Le reportage de Matthieu Litt sur le Sart Tilman, publié dans le précédent tome, fera l’objet d’une exposition dans le cadre de la Biennale des Images Possible 2016, dans les locaux d’urbAgora où nous espérons vous croiser dès le 9 septembre.

Pour ce qui est de l’écrit, la question n’est pas oiseuse, à l’heure de la déferlante des articles sur le net, de se demander ce qui restera de notre époque dans quelques décennies. Une des réponses que nous lui donnons est la conviction de la nécessité de donner forme à une histoire orale du présent. D’immenses parts de notre vie sociale demeurent peu documentées, leurs animateurs n’ayant pas l’occasion de produire les écrits qui feraient connaître leur travail. Le dossier que vous découvrirez dans ce numéro, sur la fête populaire, participe de cette volonté de documenter les pratiques sociales en donnant la parole à leurs acteurs. Une parole vivante, en perpétuelle mutation : le carnaval d’hier n’est pas la fête multiculturelle d’aujourd’hui, l’espace public change de fonction et nous avons voulu alimenter le débat autour de cette remuante question.

Dernière chose : ne nous laissez pas construire une tour d’ivoire. Si des terrains sont inexplorés, des questions inabordées, nous vous lirons avec (selon les cas) passion ou désespoir. Cette revue, aux collaborateurs (tous bénévoles) de plus en plus nombreux, aux ambitions certaines, à la qualité perfectible, est d’abord et avant tout un outil de pensée collectif.

Septembre 2016
Pierre Geurts, Caroline Lamarche et François Schreuer
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Architecture Belgique Liège Revue Urbanisme urbAgora partager

INFORMATIONS
langue Français
16.5x24cm
224 p.
poids 470 g.
isbn 978-2-930878-02-7
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