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Hippocampe éditions collection Revue Hippocampe
Hippocampe N°12 - été 2015
Météorologie
Collectif
15 septembre 2015
L’hippocampe est un animal marin hippocéphale, ancestral et atemporel, une créature mythologique, mais il s’agit également d’un secteur du cerveau qui joue un rôle primordial dans le processus de mémorisation. Il contribue à l’anticipation dans le présent grâce à l’exploitation et à l’analyse des traces du passé. C’est au croisement sémantique de ces termes que se place la revue littéraire et artistique Hippocampe qui est imprégnée de problématiques contemporaines, mais traitées en dehors du flot de l’actualité, en suivant une ligne transchronologique et pluridisciplinaire. La revue remet constamment en chantier la question du montage qui fut pensée par trois intellectuels de la première moitié du XXe siècle, dont nous revendiquons l’héritage : Walter Benjamin avec son Livre des Passages, Aby Warburg avec son Atlas Mnémosyne et Georges Bataille dans sa revue Documents. Deux fois par an, la revue confronte des essais, des entretiens, des textes de création, des portfolios dans des cahiers organisés en cinq temps : Recherches et idées / Créations / Rubriques (radio, traduction, enquête) / Dossier thématique / Notes de lecture. Un montage complexe que seul le médium de la revue permet de mettre en scène.
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Rédacteur en chef : Gwilherm Perthuis Comité de rédaction : David Collin, André Gabastou, Frédéric Khodja, Gwilherm Perthuis


EDITO
Dossier thématique : Météorologie

Hamlet : Voyez-vous ce nuage, là-bas, qui a presque la forme d’un chameau ? Polonius : Par la messe, c’est juste – oui, comme un vrai chameau. Hamlet : J’ai idée qu’il est comme une belette. Polonius : Il a le dos d’une belette. Hamlet : Ou d’une baleine. Polonius : Tout à fait, d’une baleine. William Shakespeare, Hamlet (III, 2), trad. André Markowicz

La description du temps qu’il fait est un grand sujet de conversation. Une préoccupation essentielle provoquant dialogue et échange. Les chroniques ou bulletins météorologiques sont des rendez-vous médiatiques très attendus, présentés par des vedettes, qui réalisent des records d’audience. Objet de passions ou de craintes, les prévisions des phénomènes atmosphériques sont nécessaires à certaines activités économiques, permettent d’anticiper et de prévenir des risques, et favorisent la planification des loisirs. Progressivement, la météo scientifique, « sérieuse », a supplanté le bon sens populaire; paradoxalement, l’exode rural et l’urbanisation ont exacerbé la sensibilité des individus aux variations climatiques. Par ailleurs, le réchauffement planétaire observé depuis plusieurs décennies, enfin unanimement reconnu par les scientifiques, renforce certainement les conjectures sur le temps et suscite un intérêt encore plus grand pour la météorologie. Pluie, brouillard, nuages, vent, neige, orage… Ces manifestations aqueuses, gazeuses, électriques ou optiques, rassemblées sous le terme générique de « météore », firent récemment l’objet de l’ouvrage collectif dirigé par Alain Corbin : La pluie, le soleil et le vent. Une histoire de la sensibilité au temps qu’il fait (Aubier, 2013). A partir d’une lecture des correspondances privées, l’historien repère une amplification de la météo-sensibilité à la fin du XVIIIe siècle qui s’accroit encore au siècle suivant. Les chapitres thématiques mobilisent des connaissances extrêmement hétérogènes, tant historiques, ou anthropologiques, que littéraires, scientifiques ou artistiques, afin de dresser un vaste panorama des rapports de l’homme à son environnement et des conséquences fécondes sur son imaginaire. Notre relation au climat passe évidemment par des sensations physiques, corporelles, qui induisent des gestes, des réflexes, des comportements. Mais elle nourrit également des projections mentales et des représentations intellectuelles que nous tentons d’approcher dans ce dossier mêlant essais, portfolio, notations, écriture… Le dénominateur commun des contributions de Jean-Christophe Bailly, David Collin, Marc Decimo, Mélanie Delattre-Vogt, Ariane Epars, Ann Veronica Janssens, Alexandre Mare ou Jacques Roman, est d’interroger la mémoire des phénomènes atmosphériques, par définition fugaces et insaisissables.

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SOMMAIRE

Recherches et idées

Frédéric Khodja
, Je vous ai déjà vu (porfolio)
Gilbert Vaudey, Sur Cavatine de Bernard Simeone
Claude-Hubert Tatot, En marge (Jean-Luc Manz)
François Albertini, L’Attente trompée. Le cinéma de Rouben Mamoulian (1929-1941)
David Collin, Rajak Ohanian : Alep 1915. Témoignages
Frank Smith, Le Film des visages (note d’intention)

Dossier Météorologie

Ariane Epars
, Carnet(s) du lac (extraits) - David Collin, C’est quoi les nuages (Pier Paolo Pasolini)
Jean-Christophe Bailly, Des sarments aux nuits blanches
Mélanie Delattre-Vogt, Dessins inédits
Alexandre Mare, Nuages
Marc Décimo, De l’influence de l’artillerie et des cloches sur le temps qu’il fera, demain
Ann Veronica Janssens, Fantazy (brouillard coloré)
Jacques Roman, Une histoire de brouillard

CREATIONS

Christian Bernard
, La Herse (machinerie)
Christian Garcin, Mini-fictions
Antoine Billot, L’inquiétant fragilité du marbre
Nelly Monnier, Portfolio
Ilma Rakusa, Le Miroir. Hommage à Andreï Tarkovski

RUBRIQUES
 
Radio/Son : La Troisième oreille. Entretien de Bryan Lewis Saunders, par Anne Gillot

Traduction :
La Maison de Feuilles de Mark Z. Danielewski. Entretien de Christophe Claro, par Julien Sanchez Galvan

Notes de lecture :
Michel Thion, L’Enneigement (par Michel Ménaché)
Christian Doumet, Notre condition atmosphérique (par David Collin)
Olivier Rollin, Le Météorologue (par David Collin)
Livre de photographie : Bad Weather de Martin Parr
Exposition de papier : Tony Morgan et Rémy Zaugg
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INFORMATIONS
langue Français
20 x 26cm
128 p.
poids 450 g.
isbn 978-2-955237-60-1
issn 1962-2015
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