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Trente-trois morceaux
Épiphanies
James Joyce
01 juin 2016
«Une nuit sans lune sous laquelle les vagues luisent faiblement. Le navire entre dans un port où l’on aperçoit quelques lumières. La mer est inquiète, chargée d’une colère sourde, pareille aux yeux d’un animal prêt à bondir, en proie à sa faim impitoyable. La terre est plate et maigrement plantée d’arbres. Un grand nombre de gens sont rassemblés sur le rivage pour voir quel est le navire qui entre dans leur port.» James Joyce, Épiphanies, XXVIII.
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Entre 1901 et 1904, James Joyce annonce à plusieurs reprises son désir de composer un recueil d’épiphanies. Plus tard, une définition de son projet apparaît dans Stephen le Héros : « Par épiphanie, il entendait une soudaine manifestation spirituelle se traduisant par la vulgarité de la parole ou du geste ou bien par quelque phase mémorable de l’esprit même. Il pensait qu’il incombait à l’homme de lettres d’enregistrer ces épiphanies avec un soin extrême car elles représentaient les moments les plus délicats et les plus fugitifs. » Si ce projet est finalement laissé inachevé, il n’en demeure pas moins, dans son inachèvement même, un jalon déterminant de son parcours d’écrivain et de la littérature moderne, dont les échos se font entendre tout au long du siècle aussi bien dans la littérature que dans les arts visuels. Ce qui est en jeu à travers ces récits de rêves, ces fragments de dialogues, ces brèves descriptions, c’est le désir d’ancrer l’écriture dans l’événement, si menu et insignifiant soit-il.
Plus d’un siècle après leur prélèvement, les Épiphanies apparaissent, davantage encore que les poèmes de jeunesse, comme les premiers cailloux posés sur le sentier qui mène à Ulysse et Finnegans Wake. Elles indiquent la naissance d’un regard et d’une méthode, les premiers éclats de la constellation à venir. Elles communiquent souterrainement avec les découvertes de la psychanalyse (le lapsus, l’acte manqué) et l’art du hasard cher aux surréalistes et à Duchamp (le ready made).
Pour la première fois en France, les Épiphanies de Joyce sont publiées de façon autonome par les éditions Trente-trois morceaux. Document essentiel pour comprendre la gestation de l’œuvre à venir, elles apparaissent surtout comme une excellente porte d’entrée dans celle-ci.


Traduction de Jacques Aubert.

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Conception graphique : Anna Massoni et Sandra Pasini
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Littérature Trente-trois morceaux Joyce, James partager

INFORMATIONS
langue Français
16 x 21cm
48 p.
poids 95 g.
isbn 979-1-093457-03-1
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